Bon oui je ne sais pas faire de vélo. Il ne se passe pas un mois sans que je doive expliquer, voire justifier cela. Mais où est le problème ? Je n'en ressens aucun manque. J'étais très trouillard gamin et je n'ai jamais dépassé les deux premiers essais. Ça me gonfle de devoir sans cesse m'excuser de ne pas pouvoir accompagner untel ou untel en Vélib' et de prendre le métro. Et quand ce n'est pas le vélo, c'est ma manière de tenir mon stylo. Je ne m'en rends plus compte, depuis trente ans c'est naturel pour moi. J'ai l'impression de rabâcher, de radoter. Le plus terrible c'est que je me sens en faute à chaque fois. Mais nul espoir n'est mort. Je prends bien l'avion alors que j'en ai une trouille bleue. Je vais bien au Mac do deux fois par an alors que je trouve leur bouffe à gerbe. Je mange les marrons glacés industriels offerts par mon grand-père à Noël. Bref, tout peut survenir. Et puis bon je ne m'offusque pas quand on m'annonce qu'on a jamais lu Faim de Hamsun ou vu "Les dames du bois de Boulogne". On m'a promis au boulot de m'apprendre dans une petite rue du Marais donc rien n'est perdu. On débute sans cesse.