A genoux devant sa Reine

Voici mon blog, farfelu, sans queue ni tête mais avec une âme.

mercredi 21 janvier 2009

"Occupe-toi d'Amélie" !

Malgré mon retard impardonnable au niveau des sorties cinématographiques, je souligne la reprise mercredi 28 janvier 2009 d'un film de Claude Autant-LaraAutant-Lara ("Douce", "Le diable au corps", "L'auberge rouge", "Le rouge et le noir", "La traversée de Paris" pour ses films les plus connus) vieux de cinquante ans : "Occupe-toi d'Amélie". Avec une affiche à tomber : Darrieux, Desailly, Carette. Et des seconds rôles impayables. Événement car la diffusion des bobines restait bloquée depuis la sortie de l'oeuvre en 1949 ! En effet, les héritiers de Feydau ne goûtaient guère les libertés prises vis-à-vis de la pièce et bloquaient d'éventuelles ressorties en salles. L'argument demeure célèbre : Amélie, une cocotte entretenue par le riche Milledieu consent, pour aider un ami de son amant, de se prêter à un mariage blanc pour qu'il touche un héritage.

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mardi 25 novembre 2008

Elle chantait "Que tu m'enterres"...

Elle devait dédicacer ses mémoires au Virgin la semaine dernière mais la gastro y mit son grain de sel. Pour mon plus grand plaisir. Après la proposition de Romain de venir assister à la dédicace, je peux l'affirmer : à plus de soixante ans, Françoise Hardy reste une belle femme. Une artiste discrète, authentique et sensible. Je ne me qualifierais pas de fan vu que je ne possède pas l'intégralité de sa discographie mais j'adore ses chansons de l'époque 66-71 et je les passe très souvent dans mon iPod. J'achète aussi ses dernières productions (hormis son album de duos qui ne m'emballait pas trop). Quand je veux me payer un trip mélancolique, je fonce sur ses albums.  Contrairement à Sheila, Vartan et autres stars fanées, elle résiste et force le respect, toujours classieuse comme dirait Romain. Je me souviens que Mélissa la qualifiait de "lymphatique" et "déprimante". Ok, quelqu'un qui chante "Ma jeunesse fout le camp" à vingt-trois ans ne doit pas rivaliser avec Dany Boon mais heureusement ! J'ai lu ses mémoires d'une traite, une nuit, sans parvenir à m'arrêter. Bien écrites, sans concessions, parfois émouvantes, quelque fois drôles. Bien sûr, elle geint par-ci, par-là et ses prises de positions sur l'astrologie ou la grossesse peuvent agacés mais elle assume ses positions. Elle semble avoir évité le miroir aux alouettes qu'est le show-biz et retrace plus son parcours de femme que son statut de vedette. Le récit de sa vie personnelle pourrait servir de pensum sur une certaine vie de couple. Enfin pour ceux qui vivent avec quelqu'un d'intéressant. Tiens, je vais réécouter "A quoi ça sert".

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mardi 11 novembre 2008

Home.

Depuis 1997 et "Rien ne va plus", je ne manque aucun film à l'affiche avec la grande, la géniale, la bouleversante, la "très jolie et sensible" Isabelle Huppert. Tout en approfondissant le sillon de son exploration de la folie ordinaire, elle arrive à se renouveler, à surprendre. Une nouvelle preuve nous est donnée depuis quelques jours grâce à "Home", première réalisation, plus que prometteuse, d'Ursula Meier. Un postulat déconcertant. Au bord d'une autoroute, laissée à l'abandon depuis sa construction, vit dans une maison isolée une famille, qui mène somme toute une existence banale vu que les enfants partent à l'école chaque matin et le père à son travail. Seules la mère et la fille aînée restent à domicile. Tout se passe bien, dans une ambiance joyeuse et dynamique malgré quelques tensions et le cadre atypique qu'ils avoisinent, jusqu'au jour où les travaux reprennent et que l'autoroute ouvre ses voies, apportant son lot de nuisances sonores et sa pollution. La famille décide de rester et d'organiser différemment sa vie malgré le bruit et les odeurs charriés par les véhicules, qui rendent insupportables leur existence.

Fable sur le monde contemporain, que l'on souhaite intégrer, habiter ou non, "Home" propose de nombreuses lectures. Vision de la société actuelle, ivre d'espace et de nature, qui ne sait comment s'accommoder de la modernité, qui ne mène nulle part en apparence. Questionnement sur le bonheur autarcique, utopique ou non.

Une oeuvre passionnante dont la vision fut troublée par un léger couac. Alors que la cadette détaillait à son frère les conséquences de la pollution, via les pots d'échappement ou le goudron, une drôle d'odeur envahit la salle. Naïvement, je pensais qu'un spectateur venait d'ouvrir un paquet de pop corn. Sauf que des picotements titillaient ma gorge et que mes voisins commençaient à s'agiter. Au bout d'une minute, certains quittèrent la salle tandis que la confusion régnait. Je redoutais une évacuation et attendais qu'un membre du personnel nous invite à quitter les lieux. Au bout de cinq minutes, quelqu'un annonça qu'un supporter du PSG avait balancé un gaz lacrymogène dans la rue et que ses effets étaient arrivés jusqu'au sous-sol. Je me demande alors pourquoi les alarmes de ne sont pas déclenchées ! Résultat, cinq minutes de projection gâchées par un des méfaits dénoncés par le film au même moment !

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samedi 11 octobre 2008

"Comme la pluie".

Je viens - enfin - de me procurer la chanson chantée par Leprince Ringuet (vous savez le minet qui fredonnait "Je suis beau, jeune et Breton / Je sens la pluie, l'océan et les crêpes au citron" dans "Les chansons d'amour" !) dans "La belle personne". J'avais été ému et je la voulais de force dans mon iPod. Mission accomplie ! Musique et texte d'Alex Beaupain pour changer. Du mélo comme j'aime bien, qui vaut largement les soupes de Bénabar ou du dernier Julien Clerc.

Comme la pluie nous manque parfois
Un orage aurait plus d'allure
Pour se crier ces choses-là
Se jeter ces mots à la figure
Comme la pluie nous manque parfois
Comme le soleil nous tue
Comme ses rayons nous semblent froids
Quand on ne s'aime plus

Comme les forces nous manquent parfois
Une bagarre aurait plus de gueule
Passer ton visage à tabac
Qu'enfin plus personne n'en veule
Comme les forces nous manquent parfois
Comme nos bras nous trahissent
Lorsque l'amour entre nos doigts
Comme le sable glisse

Comme les pleurs nous manquent parfois
Un mélo aurait plus de classe
Quelques larmes, nous valons bien ça
Mais c'est trop demander hélas
Comme les pleurs nous manquent parfois

Comme la nuit nous manque parfois
Le noir serait plus à mon goût
Ces étoiles comme autant de croix
Tout un ciel en deuil de nous
Comme la nuit nous manque parfois
Comme elle tarde à venir
Quand elle tombe, ne trembles-tu de ça ?
Toutes ces nuits à venir...

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lundi 6 octobre 2008

Putain qu'j'aime ça !

Le petit train de ma jeunesse, le petit train s'en va au-dessus des toits, lentement par les fenêtres je le vois. Lentement et ne revient pas... Il n'y a rien à dire et je me fous : du temps qui passe, du temps qui presse la maladie de ma jeunesse. Je n'ai jamais aimé d'autre personne que moi, et pas même toi. Et j'étais heureux avec toi et j'étais aussi heureux sans toi ! Et je me fous du vent qui vient qui va. Je me fous de la vie, qui finit ou pas. Je me fous du malheur, du bonheur, de la joie et de tout ce temps qui s'en va. Le petit train de ma jeunesse s'en va, se cogne et continue tout droit. Je n'avais besoin de personne et personne n'avait besoin de moi. Et j'ai abusé du temps et, à présent, voilà qu'il abuse de moi.

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jeudi 14 août 2008

Point de suture.

Le séisme de la semaine - et le mot me semble faible - restera la découverte de "Point de suture", le nouvel album de Mylène Farmer. Plus de trois ans après "Avant que l'ombre...", elle repart enfin à la conquête des charts et des espèces sonnantes et trébuchantes. Un grand merci à Cyril qui m'a permis de découvrir ce très bon crû grâce à ses dons d'informaticiens (c'est là que je reconnais mes vrais amis).

Pourtant, rien ne présageait cet engouement. Pour la première fois en vingt ans, je ne trépignais pas d'impatience, un peu déconcerté par le single fer de lance. Je ressentais, en fait, une grosse indifférence face à cette sortie. A près de trente ans, je pensais devenir raisonnable et ne plus passer mes nuits à écouter des chansonnettes. Comme le dirait Julien C., je "dépassionnais la relation" !

Mais mardi mes certitudes volèrent en éclats. Vers six heures, avant de partir gagner mon pain, je découvris la couverture de "Têtu" et, déjà, je sentais que ma motivation de travail frôlerait le niveau zéro mais je partais quand même, convaincu de ne pas céder aux fuites d'Internet qui permettait de lire l'interview et de découvrir les photos. Seulement, à peine juché sur mon fauteuil de ministre, je fonçais sur un forum et dévorais les confidences de ma soi-disant ancienne idole. Et la magie opérait.

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Vers onze heures, un mail m'avertissait que l'intégralité de la pochette de l'album circulait sur le net. deuxième choc de la journée. Tout ça dans l'indifférence de mes collègues, qui ignoraient que je bouillais de ne pas pouvoir soûler mon entourage en criant au génie absolu ! Heureusement que je déjeunais avec Stéphane pour comparer nos impressions !

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Je pensais passer un après-midi calme, après toutes ses émotions. Mais dès mon retour au boulot, je m'apercevais que l'album s'écoutait sur un site russe et passait de fan en fan. Une fois les titres dans ma boîte de réception, je tentais une écoute sauvage au bureau mais aucun son ne sortait de cette maudite machine. Autant dire que l'univers professionnel n'existait plus, je planait dans une sphère bien éloignée des ressources humaines. C'est simple, Al Qaida dévastait le quartier, je ne me rendais compte de rien. Face à cette déconvenue, et obligé d'assurer un minimum de travail, j'appelais Olivier pour qu'il charge l'album sur son PC, que je puisse ouïr tout ça à mon retour. Mais là encore, rien ne passait. Heureusement que Cyril me guide depuis des décennies dans l'univers de l'informatique, sinon j'en serais encore à ne pas savoir allumer un ordinateur ! Je lui envoyais, tout penaud, un mail désespéré lui expliquant le drame qui se jouait et, en deux temps trois mouvements, il me débrouillait la situation. Un immense merci à mon sauveur donc. Dès qu'Olivier m'avertit que les titres fonctionnaient, je quittais mon splendide hôtel particulier (je ne me lasserais jamais de préciser ce détail) comme une flèche et battais tous les records dans la catégorie "retour la plus rapide à la maison" ! Aucun athlète olympique n'aurait pu me dépasser.

Alors quid de ce septième album ? Un très bon crû. Après les langueurs du précédent, ses ballades et ses errances, place à du up tempo qui renvoient la vieille Madonna dans ses cordes. Bien calé, je me laissais partir pour une écoute craintive au vu du premier morceau - qui trouve sa pleine dimension dans cet ensemble - et de ses bribes de textes (Alex je n'oublierai jamais ton expression lors de ta découverte de "Dégénération" lord d'une DH evening). Des paroles malignes et malicieuses, sans mot répété dans toutes les chansons (je n'en pouvais plus de ses ombres), parfois légères, bien balancées, quelquefois inquiètes, éloignées des préciosités d'antan. Musicalement, pas de quoi crier au génie. Mais comme je me contrefous de la musique, je ne demande rien de transcendant. Les titres donnent envie de bouger, de sauter partout, de se lever dans le métro et - pour une fois - de laisser sa place aux vieux qui pullulent dans les rames. A part une ou deux morceaux un peu "soupe" (je vise bien sûr "Réveiller le monde", qui constituera un moment fort en concert), je trouve le reste formidable.

Pour l'anecdote (et j'en vois déjà certains qui vont rigoler), j'ai failli verser ma larme à l'écoute du premier titre "inédit". Parce que bon, le principal c'est de retrouver cette voix, LA voix de Mylène. Celle qui m'émeut, me file des frissons, me touche. Alors bref, sur un morceau léger et frais, me voilà, comme un abruti, ému et bouleversé de retrouver mon idole. Cinq secondes d'émotion pure. Et grand bonheur aussi de retrouver ses envolées de voix dont elle détient le secret (vous savez quand elle miaule et qu'on ne comprend rien à ce qu'elle dit pour - ceux qui détestent - et quand elle touche le sublime et que voix devient cristal - pour les inconditionnels).

Pour donner une idée de ce peut être l'album je dirais qu'il "révèle la folle qui dormait en moi" ! Hormis deux plages lentes - dont le magnifique "Point de suture" qui clôturera le show et me fera inonder les gradins du Stade de France - où elle nous ressort, pour notre plus grand plaisir, ses failles et ses vieilles angoisses, un deuxième duo avec Moby (planant mais pas de quoi se relever la nuit quand même), elle nous livre des textes coquins, voire allumés. Entre ses confessions érotiques dans "Appelle mon numéro", où elle évoque les putes à la demande dans les hôtels (le pillow matraqué dans le texte renvoie à ce code utilisé par les clients pour en obtenir une), ses moments sous substances dans "Paradis inanimé" (ah ce son rock à la "Anamorphosée", quel délice !) et son ode aux vibromasseurs et autres sextoys dans "Sextonik" - sans oublier ses gémissements qui me rendent hilare dans la rue - la voici bien en forme.

Mais mon grand coup de coeur demeure "C'est dans l'air". Un petit soupçon de "Je t'aime mélancolie" ou de "Porno graphique" pour la mélodie de voix initiale, un côté donneur de leçon sympatoche, un refrain dément. La bombe de l'album qui, je l'espère, sortira en single. Une vraie philosophie en quatre minutes. Et une ultime provocation en assénant "On s'en fout, on nie tout, on finira au fond du trou" suivie d'une confession révélatrice "Et moi je chante, je m'invente une vie". Finalement, en deux lignes elle en dit autant qu'en vingt-cinq ans de carrière. Une bouffée d'air frais, pas gnan-gnan-moi-j'aime-la-vie-qui-est-trop-belle-et-j'aime-tout-le-monde-et-je-suis-amoureux, qui confirme l'immense bonheur de la retrouver.

Je ne le répèterai pas : courrez acheter ce bijou dès le 25 août dans vos supérettes. "J'sais pas moi, faut que ça bouge". Mais, de toute façon, "Point de suture", déjà dans vos iPod !!!

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dimanche 15 juin 2008

On n'est pas couché.

Jeudi soir, j'assistais à l'enregistrement de l'émission de Ruquier diffusée samedi dernier. Je ne regarde jamais ce programme mais l'annonce de la venue de notre Marie Laforet nationale me séduisait. Arrivé vers 18h30 au studio du Moulin Rouge, je m'attendais à attendre l'ouverture des portes jusqu'aux calendes grecques. Que nenni ! Un tour au vestiaire, un sandwich rance attrapé au vol et vingt minutes à patienter dans un escalier avant de pénétrer dans le studio. Comme d'ordinaire, un type plaçait les invités. Opération qui permet de mesurer son sex appeal : les vieux et les moches en haut des gradins, histoire qu'ils n'incitent pas les télespectateurs à zapper ; les jeunes et séduisants derrière les invités. J'occupais le rang du milieu, ouf ! Je peux encore espérer courir le guilledou ! Difficile de trouver sa place parmi les racailles, les pétasses et les mecs que même ma mère soupçonnerait de faire partie de la Secte !

L'ensemble du staff s'agitait sur le plateau quand apparut la star de la soirée, les cheveux remontés et d'immenses lunettes noires sur le visage. Pour ne pas changer, elle offrit un numéro de clown en examinant la passerelle qui conduit à la table qui accueille les invités... L'air hagard et entourée de sa garde rapprochée. Un bon dérivatif avant l'arrivée du chauffeur de salle.

Un amuse-gueule même puisqu'elle resta pendant l'intégralité de l'émission ! Cinq heures d'enregistrement. Cinq heures interminables pour les invités et le public. Heureusement, la star des années 60 / 70 ne semblait pas décidée à se morfondre. Si bien qu'au bout d'une heure, lassée d'écouter les bavardages de l'ancien patron de Paris Match, puis du ministre chargé des relations avec le Parlement, elle se leva pour aller aux toilettes, en faisant tout pour se faire remarquer, dans une discrétion feinte. Rires assurés dans l'assistance soudain réveillée. S'ensuivirent plusieurs pitreries (parce que oui, dès qu'on ne s'intéresse plus à elle, la fille aux yeux d'or fait son intéressante) : d'innombrables recherches dans son sac pour y puiser des Tic-tac ou un miroir, des séances de maquillages, des yeux levés au ciel, des mines, des manipulations de ventilateur, une brosse sortie pour se recoiffer ostensiblement pendant des interviews. Mais surtout un humour dévastateur. Bref, un vrai régal.

Elle venait pour une triple actualité. Sa réponse à une lettre de Maupassant dans l'ouvrage Correspondances intempestives (au passage, pour l'avoir écoutée en parler à la radio, sa connaissance de cet auteur n'a rien à envier aux spécialistes de certaines universités). Sa reprise de la pièce "Master class" en septembre au Théâtre de Paris (huit ans après son triomphe et sa nomination aux Molière). Et pour finir l'annonce du bout des lèvres de récitals.
Sans oublier des extraits de prestations dans les shows des Carpentier et de sa première interview.

Lors du lancement du générique, les vigiles commençaient à évacuer le plateau mais il me paraissait inconcevable de ne pas m'approcher de l'interprète de "Que calor la vida" (et ne me parlez pas d'"Il a neigé sur Yesterday") ! Voici le résultat, quelques photos souvenirs. Je m'attendais à un refus mais elle se prêta facilement au jeu de la pause. Très sympathique et avec ce regard incroyable...

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lundi 9 juin 2008

Pochette de "Dégénération".

L'inspiration et les influences de Mylène se se tarissent pas. Pour preuve, la pochette de son dernier single "Dégénération".

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"Le violon d'Ingres" de Man Ray (1924).

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"Woman once a bird" de Joel-Peter Witkin (1990).

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dimanche 20 avril 2008

Elle s'appelait Marie-Antoinette.

C'est l'exposition du moment, celle qui attire des centaines de touristes, du Japon aux Etats-Unis en passant par les Européens nostalgiques des heures glorieuses de la monarchie française. Marie-Antoinette, superstar du Grand Palais pour quatre mois.

Arrivé avec ma mère vers 9h15, les salles se remplissaient à vue d'oeil d'un public très hétérogène. Des milliers d'ouvrages se sont penchés sur le destin, la psychologie ou l'héritage de notre dernière grande reine. Un parcours hors du commun  : de la jeunesse protégée à la cour de Vienne à la prison dorée de Versailles, des scandales pre-révolutionnaires au supplice. Du pain béni pour peupler les galeries.

La mise en scène - oeuvre d'un homme d'opéra : Robert Carsen - mérite des louanges. A chaque période correspondent une période et une variation. Le rose pour les années viennoises, le rouge pour son arrivée à la cour et son rang de dauphine, le bleu qui devient vert pâle pour le début de règne, le bleu nuit pour l'époque qualifiée "l'opéra et Trianon" (la fuite dans l'irréel) et le noir pour l'âge révolutionnaire. Avant de pénétrer dans un long couloir sombre se rétrécissant, une symbolique paroi en forme de miroir brisé, annonce que les choses commencent à mal tourner. Mélodramatique mais efficace.

Plus trois cents objets peuplent les pièces. L'enfance dorée de la princesse se retrouve dans les portraits de famille de ses parents, frères, soeurs, cousins, tantes (au bout d'une quinzaine, je saturais car le grand-oncle de Marie-Antoinette, je m'en fiche comme de l'an quarante), ses dessins réalisés lors de cours d'art plastique qui révèlent un joli coup de crayon, des projets de salles de bal pour son mariage (qui rappellent qu'à l'époque la construction de mini-châteaux pour une ou deux soirées ne semblaient pas inouïe). Quelques objets précieux et cadeaux offerts pour ses noces plantent un décor assez anecdotique et indolent.

Par contre, la reconstitution du boudoir de la reine à Fontainebleau - ses services de tables, des projets de boiserie, des tentures, des objets japonais dont elle raffolait, des consoles - donne une idée du style qu'elle imposa, loin du baroque, raffiné et peu ostentatoire.

L'histoire de ses portraits officiels (reproduits à des milliers d'exemplaires pour véhiculer son image), les difficultés au départ pour gommer son air hautain et quelques défauts de son visage, propose en filigrane une version de son histoire et ses aléas. Un exemple donne à voir l'importance de l'opinion publique dans les années 1780 : peinte en sortie de lit de mousseline, le portrait se se voit mis au pilori et qualifié d'indécent. Mme Vigée Lebrun troque alors la tenue pour une robe de cour, plus monarchiquement correcte. Mais le scandale est là, accentué par l'affaire du collier. Du coup les essais pour la représenter en mère de famille en famille attentive auprès de ses enfants et, symboliquement, protectrice de la France se multiplient, en vain. Lorsqu'on la peint à côté du berceau d'un de ses enfants qui vient de trépasser, ses détracteurs soulignent un air absent, agacé par sa progéniture, préférant ses plaisirs de Trianon aux joies simples de la vie de famille. La manipulation des esprits ne date pas d'hier. Les toiles illustrent la baisse de sa popularité au fil des ans et les tentatives de reconquête de l'amour du peuple.

Pour le reste, des meubles, de la vaisselle, le décor d'une opérette qu'elle joua dans son théâtre versaillais, une armoire à bijoux, les lettres envoyées à sa mère - à qui elle devait rendre presque quotidiennement des comptes - et les réponses pleines des reproches et de recommandations. Celles pour Fersen. Le coffre pour la layette du dauphin, la réplique du collier de la reine, tout y passe. Peu sensible à l'art et épisodiquement mécène (sa portraitiste favorite et Gluck), elle apparaît surtout comme une mère des arts décoratifs. Les bibelots et les meubles soulignent bien que la créativité et la virtuosité des artisans atteignaient leur perfection en cette fin du XVIIIe siècle. Sans oublier les coiffures plus qu'extravagantes les unes que les autres et des croquis de sa garde-robes, celle ci étant détruite chaque année. 

Les pamphlets, dessins satiriques et orduriers visant à abattre "'Madame Déficit", tout jusqu'au dernier croquis de David la croquant assise à l'arrière de la charrette qui la conduisait à l'échafaud. Quant au long couloir de la mort que le visiteur doit arpenter, il est ponctué des objets du supplice faiblement éclairés. Les meubles du Temple, les pamphlets et autres caricatures obscènes semblent marquer chaque étape du calvaire. L’exécution, au bout, dépouillée. Don dernier écrit sur son livre de prière est un adieu bouleversant.

A la sortie, on comprend surtout que c'est le destin tragique qui fascine toujours et attire autant. Pas fan de Marie-Antoinette, j'ai trouvé l'exposition bien réalisée, relevant la gageure de ne rien laisser dans l'ombre et de ne porter aucun jugement, offrant à voir ce qui fit sa vie sans trop sombrer dans les deux extrêmes ("Oh la malheureuse !" ou "Sa vie ne fut que décadence et fiestas pendant le peuple crevait de faim"). Choyée dans son enfance, réticente à l'étiquette de la monarchie française (bien plus rigide que celle de la cour de la Vienne), elle s'évade dans les chimères de Trianon et ne réalise le poids de ses obligations qu'à la naissance de son premier enfant, bien trop tard, la situation économique se dégradant. Voilà en filigrane la vérité proposée et désormais appuyée par les historiens. Un destin démesuré : du faste inouï à l'horreur absolue. Splendeurs et décadences ont toujours fait recette.

La preuve est faite par le passage à la boutique. Suite à l'engouement suscité par le film de Sophia Copola et surfant sur l'immense popularité de la souveraine, la magasin se transforme en temple du kitsch et de l'inflation. Pour preuves, une splendide robe en taffetas rose pour que les gamines de dix ans se la pètent devant leur miroir, des boites à pilules de mamie pour faire chic, des tasses à café à 90 euros, des parapluies, des coussins à l'effigie de l'idole des lieux, un miroir de poche en métal doré pour les greluches qui se repoudrent le nez dans les transports en commun le matin. Pour se la jouer châtelaine en soirée, impossible de ne pas se procurer de somptueuses répliques de colliers ou de bracelets. Et pour les ménagères, les magnifiques torchons aux motifs royaux permettent d'essuyer la vaisselle en se prenant pour une fille de cuisine royale (à 18 euros l'essuie-tout quand même). Mais la palme revient à ce stand Ladurée placé à la sortie de l'échoppe. Plus attrape-touristes, tu meurs ! C'était le pompon ! Il était hors de question que nous nous compromettions dans cette caravane digne des baraques à frites des autoroutes aussi nous avons poussé nos pérégrinations jusqu'à la maison mère rue Royale pour acheter des macarons violette-cassis et au pain d'épices. Dégustés le soir-même avec un thé et non dans la rue ou sous une porte cochère comme des SDF (pas besoin de clin d'oeil le message est passé !)

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samedi 12 avril 2008

The Tudors, the freaks.

Vu la nullité des programmes télévisuels du moment, je dévore chaque soir un épisode de la série "The Tudors". Les scénaristes doivent idolâtrer Dumas et reprennent à leur compte son célèbre apophtegme "L'Histoire peut être violer si c'est pour lui faire de beaux enfants". De très nombreuses libertés semblent prises avec la réalité historique et les téléfilms réduisent la politique anglaise et ses tractations diplomatiques à des secrets d'alcôves. Pourtant ça fonctionne plutôt bien, grâce à un acteur éblouissant : Jonathan Rhys-Meyers (petit rappel pour les non cinéphiles et les incultes : le héros de "Match Point"). A des années lumières du célèbre portrait de Hans Holbein, le Henry VIII des "Tudors" présente un corps plus que parfait, loin de l'embonpoint et des joues flasques des tableaux... Là, on le croirait sorti d'une publicité pour un parfum tellement il irradie. Sanglé dans des pourpoints sans manches taille XS, il déambule dans des décors luxueux et lutine tout ce qui porte jupons, avec des réactions d'adolescent contrarié. Et d'aucuns de ne pas comprendre son coup de foudre pour Ann Boleyn, fagotée comme un oeuf de Pâques. Surtout que la narration oublie de nous signifier la singularité de sa poitrine. Le budget devait être serré puisqu'on ne voit jamais son troisième sein. Quarante minutes bien rythmées, parfois proches des "Feux de l'amour" mais plus élaborées et moins soporifiques, qui nous permettent de réviser nos cours de civilisation anglaise. Entre "Joséphine, ange gardien" et "The Tudors", pas d'hésitation. Entre une mauvaise actrice repoussante et un bon comédien au-délà du renversant, le choix est vite fait !

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Avec près d'un mois de retard, j'ai vu "Il y a longtemps que je t'aime" de Philippe Claudel, avec Kristin Scott Thomas et Elsa Zylberstein. Cinématographiquement pas terrible, très construit, trop même car difficile de ne pas sentir l'application du scénario et son agencement. Les mouvements de caméra restent vraiment basiques et les dialogues sonnent parfois faux (surtout dans la bouche des gamines). Malgré ces quelques défauts, excusables en partie par son statut de première réalisation pour son auteur, le film arrive à émouvoir, voire à bouleverser. A la sortie de la salle, les mouchoirs pointaient le bout de leur nez et je me suis empressé d'écouter mon iPod pour ne pas me laisser envahir par l'émotion. Un bon gros mélo comme je les aime parfois, joué par deux actrices formidables. Le rythme, volontairement lent, permet d'installer les personnages et dévoile la trame du récit au compte-gouttes sans assommer. Dommage que la dernière scène se veuille aussi explicative, les non-dits des minutes précédentes suffisaient. Mais de nos jours, les spectateurs sont tellement gavés de conneries américaines qui soulignent tout au marqueur ou de navets venus du Nord de la France que tout doit être explicité.

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